Politique Togo/3e édition du Mois de la diaspora africaine constructive

Le renforcement du partenariat-public-privé au cœur des échanges

Publié le dimanche 20 décembre 2020, par Kpelafia Biva

« Amélioration du Partenariat Public-Privé pour le financement des projets de développement en Afrique », c’était le thème central autour duquel s’est déroulé le forum apothéose de la troisième (3e) édition du Mois de la diaspora africaine constructive, tenu le 05 décembre dernier à Dubaï au Moyen-Orient. Une initiative d’un groupe d’Organisation de la Société Civile africaine (OSC), qui a pour but d’amener les élites africaines de la diaspora à poser les jalons pour une facilitation des investissements étrangers en Afrique.

En raison de la crise sanitaire du moment, le forum apothéose de cette 3e édition, s’est déroulé en visioconférence et a connu la participation d’éminentes personnalités du monde des finances, les investisseurs, les élites africaines aussi bien de l’Afrique que de la diaspora, à l’instar de l’ancien Ambassadeur du Benin en Turquie Moïse Tchando KEREKOU ; l’ancien Premier Ministre du Bénin, Lionel Zinsou ; Mme Ige Olatokoumbo et bien d’autres cadres africains.

Le renforcement du partenariat-public-privé devant permettre de faciliter les investissements en Afrique et le rôle important que Saige, le partenaire officiel du Mois de la diaspora africaine constructive joue et aura à jouer davantage dans la facilitation des investissements des Emirats Arabes Unis et d’autres pays étrangers vers l’Afrique, ont été les principaux sujets inscrits à l’ordre du jour de cette rencontre de haut niveau.

Et pour ces cadres africains, il est plus que nécessaire de repenser les relations partenariales entre le public et le privé en vue d’en faire un véritable instrument de mobilisation de ressources pour le développement de l’Afrique.
L’ancien Premier Ministre du Bénin, Lionel Zinsou, a profité de cette assise pour défendre la cause des microfinances qui sont un autre facteur de financement en Afrique et plaider pour leur renforcement.

« Il y a des signes qui montrent que l’Afrique va assez vite en termes de modernisation financière et que les marchés financiers africains se développent. Mais le marché financier est encore très faible dans les financements africains. Il y a un autre facteur de financement en Afrique qui est la microfinance qu’on ne devrait plus, à mon avis, appeler microfinance mais plutôt la finance de masse parce qu’en réalité, c’est elle qui atteint le mieux les populations, notamment le secteur informel. La microfinance en Afrique finance les fonds de roulement des toutes petites entreprises, des commerçantes, des commerçants, des agriculteurs et qu’il faut faire des efforts pour la renforcer. Et c’est important de mettre ensemble toutes les potentialités du secteur public et celles du privé pour mieux soutenir le développement de l’Afrique », a-t-il indiqué.

A en croire l’ex-collaborateur de l’ancien président béninois Yayi Boni, face à la crise sanitaire au Covid-19, le tableau général de financement de l’Afrique a besoin du complément de la diaspora, et même en période normale et cela ne peut se faire que s’il y a une mobilisation à la fois de la société civile en Afrique et celle de la diaspora.

En ce qui concerne le rôle que joue le Saige en termes de facilitation des investissements en Afrique, on peut dire que Saige, se donne pour mission principale d’être le trait d’union entre les investisseurs étrangers et les pays africains, en se positionnant comme développeur de projets.

L’évolution du projet MSO (Maison du Savoir et des Opportunités) et FISDA (Fonds d’Investissements et de Solidarité de la Diaspora Africaine), lancés au-cours des deux dernières éditions du Mois de la diaspora africaine constructive, été également abordé.

Selon Justin Aziabu, Directeur des Affaires financières de Saige, la vision du MSO consiste à accompagner les Etats africains dans leurs différents projets d’investissements en mobilisant la Diaspora à canaliser les fonds dont elle dispose et à les orienter vers des projets prédéfinis, et rentables.

« Pour y parvenir il a été acté la création d’une plateforme, ou d’un espace pour la levée des fonds sous forme de don, le crowdfunding. L’organe en charge de ce fond est dénommé FISDA : Fonds d’Investissement et de Solidarité de la Diaspora Africaine », a-t-il rappelé.

Parlant de l’évolution de la mise en œuvre du projet MSO, il est annoncé que MSO dispose aujourd’hui d’un domaine qui va abriter la MSO comme Hub International d’Innovation (HII) qui sera installé à Lomé dans la capitale togolaise.

Il faut dire qu’en marge du forum, les bureaux de Saige-Dubaï ont été officiellement ouverts et confiés à son directeur, Servais Codjia. La plateforme digitale de financement de Saige a vu également son lancement officiel fait. Elle est désormais opérationnelle et constitue un important outil moderne de mobilisation de fonds pour le développement de l’Afrique.

Par ailleurs, Saige et ses partenaires techniques ont également exprimé en présence des participants, leur décision d’accompagner les autorités Nigérianes à travers la Nipc et l’État de Baro, dans la réalisation d’une Smart Port City au Nigéria, qui abritera, les années à venir les rencontres de la Diaspora africaine constructive.

La prochaine étape du partenaire officiel Saige, est la création d’un Centre d’Intelligence Économique et Stratégique de la Diaspora Africaine (CIESDA) au Niger, pour canaliser les expériences et le savoir-faire de la diaspora africaine constructive au profit du développement en Afrique.

Se réjouissant de cette nouvelle étape qui vient d’être franchie, le comité d’organisation annonce que la 4ème édition du Mois de la Diaspora Africaine Constructive se tiendra à Doha au Qatar et sera couplée avec la mise en place du FISDA.

Mathurin AZIAKPOR